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État des lieux audiovisuels

(note de lecture parue dans Gavroche n° 154, avril 2008)

France Culture
La destruction d’une université populaire

de Patrick Broguière
Delga, 2007, 9 €

Madame, Monsieur, Bonsoir
de Patrick Le Bel
Panama, 2008, 168 p., 15 €

En éliminant les droits et avantages acquis, le néolibéralisme a restauré l’autorité dans des hiérarchies redessinées. Qui s’en plaindrait s’il s’agit d’assurer une bonne gouvernance, comme on dit aujourd’hui ? À condition de ne pas brader les valeurs culturelles patrimoniales. Cette situation nouvelle a surtout restauré la jouissance du pouvoir dans un climat de connivence souvent conflictuelle.

Deux livres en livrent le témoignage, l’un pour la radio, l’autre pour la télévision. Patrick Broguière, qui anime un site de défense de la chaîne, publie France Culture. La destruction programmée d’une université populaire, un livre dans lequel il dénonce la renonciation à un « idéal d’éducation populaire et “d’élitisme pour tous” [situé] à l’opposé de la massification actuelle qui tend à mépriser la culture savante et à mettre en avant des ersatz culturels, des bavardages et des arts mineurs ».

À ses origines, la radio investie de la mission de service public diffusait les valeurs du patrimoine dans sa perspective historique. Depuis trois décennies, la rupture privilégie les aspects marchands d’une sous-culture dont elle assure la promotion. Dans le même temps, la télévision a évacué ces missions comme obstacles à l’objectif concurrentiel de l’audience. À TF1, la « starisation » désigne une aristocratie dont les élus entretiennent une autosatisfaction narcissique précaire. C’est ce panier de crabes que décrit un collectif de journalistes sous le pseudonyme de Patrick Le Bel dans Madame, Monsieur, Bonsoir. Les dessous du premier JT de France.

Jean-Jacques LEDOS
 
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