Le livre noir de la télévision (note de lecture parue dans Gavroche n° 147, juillet 2006) 
| de Michel Meyer Grasset 512 p., 21,50 euros
| Au prétexte de suivre la demande des téléspectateurs, la télévision n’est-elle devenue qu’une poubelle (trash ?). C’est ce que suggère Michel Meyer dans un ouvrage qui dénonce les complaisances d’une programmation que beaucoup réprouvent mais que le plus grand nombre accepte pour le plus grand profit des producteurs et des actionnaires, justifiant ainsi le succès de leur démarche commerciale.
En une génération, la privatisation – dont est victime le service public de la radio et de la télévision, soumis à la concurrence – a fait oublier les ambitions des pères fondateurs, soucieux d’ouvrir sur le monde de l’actualité et de la culture une fenêtre qu’il faut désormais garder fermée si l’on veut éviter la médiocrité et une vulgarité de plus en plus nauséabonde. C’est semble-t-il, selon l’auteur, l’opinion des managers, fiers d’afficher la croissance de leurs bénéfices mais peu admiratifs des contenus que la logique commerciale les pousse à entretenir. Les adversaires du monopole, qu’on aurait certes dû ouvrir depuis longtemps, promettaient d’étendre le choix des programmes offerts. C’est le contraire qui s’est produit. La concurrence a établi la recherche de l’audience maximum par l’uniformisation des contenus sur le niveau le plus fédérateur, c’est-à-dire le plus médiocre. Le livre noir de la télévision est un réquisitoire qui, malheureusement, ne troublera pas la bonne conscience libérale des ministres de la… culture et de leurs serviteurs, présidents, directeurs, producteurs ou animateurs qui peuvent encore affirmer, sans être contredits, que c’est pire ailleurs. JJ Ledos
M. Meyer a publié en 2004 Paroles d’auditeurs – Un rebeu ne peut pas mater une meuf de cheri, voir Gavroche n° 134, mars-avril 2004. |