Radioactif (note de lecture parue dans Gavroche n° 148, octobre 2006) Dans l’esprit de modernité qui animait Europe 1, Pierre Bouteiller s’installa, en 1967, dans le genre propre aux médias : la chronique quotidienne qui se situe entre le programme de culture-divertissement et l’information. Ce fut le début d’une carrière de plus trente ans qu’il a marquée par une liberté de ton dont l’impertinence lui valut de beaux succès d’audience et bien des ennuis. On ne croit plus, depuis longtemps, qu’une station est libre parce que commerciale, c’est-à-dire épargnée par les pressions gouvernementales. Les financiers et leurs directeurs délégués doivent être soumis au pouvoir et faire régner l’ordre dans des entreprises dont les paroles adressées à un public ne doivent pas déplaire au pouvoir. Exclu de la station de Sylvain pour n’avoir pas respecté cette déontologie, son talent lui valut toutefois d’être récupéré par le service public, alors ORTF. Il n’y renonça pourtant pas à la liberté d’expression qu’il continue de considérer comme l’honneur des journalistes. En dépit de relations difficiles avec les hiérarchies de la Maison ronde, généralement choisies parmi les « grands commis de l’État » dont il dénonce le non-professionnalisme, c’est-à-dire la méconnaissance de l’outil et du milieu, il a achevé un parcours professionnel apprécié et retrouve plus que jamais sa liberté d’expression. Une bonne suite – sans les choix musicaux appréciés des auditeurs – à ses nombreuses chroniques. Jean-Jacques LEDOS
|