Pyrénées 1940, ultime frontière (note de lecture parue dans Gavroche n° 148, octobre 2006) 
| Colloque international. Université de Pau et des pays de l'Adour, Paris, L'Harmattan, 216 p., 19,50 euros
| Les textes issus de ce colloque sont consacrés à trois intellectuels allemands d’origine juive qui trouvèrent la mort au pied des Pyrénées durant la Seconde Guerre mondiale : Walter Benjamin (1892-1940), Carl Einstein (1885-1940) et Wilhelm Friedmann (1884-1942).
Tous trois avaient fait de la France leur patrie d’élection, intellectuelle et affective, bien avant que l’arrivée d’Hitler au pouvoir ne les oblige à s’y réfugier. Ils furent néanmoins internés dans les camps de la IIIe République comme étrangers indésirables au début de la Seconde Guerre mondiale, puis durent fuir l’armée de leur pays d’origine durant la débâcle, avant de se donner la mort aux pieds des Pyrénées pour échapper à une arrestation par les nazis. Si les deux premiers sont désormais bien connus du public français, en particulier Walter Benjamin, le troisième, linguiste et universitaire, sera sans doute une découverte pour beaucoup. En dehors de la contribution qui lui est consacrée, on retiendra également celle de Bernard Barrere, « Carl Einstein dans la colonne Durruti, puis dans la 26e division ». En effet, celui qui écrivait à son ami Pablo Picasso « Il faut quand même savoir où les mots finissent » avait combattu en Espagne dans les rangs anarchistes. Les deux seuls textes qu’il écrivit durant la guerre d’Espagne, « Pour les obsèques de Durruti » et « Le front d’Aragon » sont d’ailleurs reproduits en annexe. Un ouvrage intéressant sur le sujet, mais qui aurait gagné à être réalisé avec plus de soin. |