André Marty (note de lecture parue dans Gavroche n° 148, octobre 2006) 
| L'homme, l'affaire, l'archive Éditions CODHOS 5 rue Las Cases Paris 7e 2005, 190 p., 12 euros
| Qui connaît encore André Marty ? Qui sait que le nom donné à des usines et des bateaux de l’ex-Union soviétique fut celui d’un des dirigeants du Parti communiste français jusqu’aux années cinquante ? Mort dans l’indifférence, il y a cinquante ans, en novembre 1956, André Marty, fils d’un communard de Narbonne, fut un « héros » de la révolte des marins de la flotte française en mer Noire qui protestaient contre l’aide apportée par les puissances capitalistes aux armées blanches luttant contre la Révolution russe
, un secrétaire de l’Internationale communiste (IIIe Internationale), un dirigeant des Brigades internationales arrivées en Espagne pour soutenir les républicains face aux fascistes franquistes, le numéro trois du Parti communiste français, exclu honteusement en janvier 1953 dans les conditions des procès staliniens de Moscou. L’homme au destin exceptionnel controversé (notamment pour son rôle dans la répression des anarchistes et des « poumistes » en 1937), a laissé des archives nombreuses et largement inédites, susceptibles d’éclairer non seulement la figure et le parcours de l’individu et du militant, mais également le fonctionnement de tout le groupe dirigeant communiste puis stalinien, de la fondation du Parti communiste français jusqu’aux années cinquante. Un petit livre remarquable de rigueur et de clarté, à l’initiative du Collectif des centres de documentation en histoire ouvrière et sociale (CODHOS), présente à la fois des études inédites qui éclairent des aspects peu connus de sa vie et de son engagement politique (son passé d’officier militaire, ses positions vis-à-vis de l’armée etc.) et un guide exhaustif de ses fonds d’archives conservées dans différentes institutions : Institut français d’histoire sociale, Archives du Parti communiste français, Archives du Musée d’histoire de la Résistance, Centre d’histoire sociale du XXe siècle. Pierre-Henri ZAIDMAN |