La conquête du pain
(note de lecture parue dans Gavroche n° 150, avril 2007) Publié pour la première fois en 1892, cet essai proclame la nécessité d’une société qui mette fin au règne de la marchandise et du capitalisme. Il insiste donc à juste titre sur le caractère historiquement daté d’un système économique venant après l’esclavage et le servage et s’appuyant sur une nouvelle forme de sujétion du plus grand nombre – le salariat –, avant de s’attacher aux formes et aux moyens de la nécessaire expropriation de la minorité qui accapare les richesses collectives.
Décrivant les misères aberrantes que ce système engendre, il examine les différents domaines de la production afin qu’ils répondent au mieux aux besoins humains dès l’expropriation réussie, avant d’explorer ce que pourrait être un « travail agréable » et tous les domaines où pourrait s’épanouir le besoin de créativité des individus libérés des contraintes de la survie. Dans tous les cas, la réorganisation de la société doit se faire par la « libre entente » et le fédéralisme contre toutes les formes hiérarchiques, verticales et étatiques. Écrit simplement, ce bel ouvrage a le charme suranné des photographies aux couleurs sépia, mais conserve toute sa force de conviction pour promouvoir cette vieille idée neuve d’une économie enfin au service de tous. CJ |