Le vent qui souffle dans la boîte
(note de lecture parue dans Gavroche n° 151, juillet 2007) 
| de Guy Robert L’Harmattan 259 p., 23 €
| L’auteur fut un de ces coopérants qui ont apporté leur assistance aux pays africains au lendemain de l’indépendance que leur avait accordée en 1960 le gouvernement de la Ve République. La France entretenait depuis 1931 une structure radiophonique modeste qui devait assurer le lien entre la métropole et les colonies, ou plus exactement les coloniaux, exilés isolés. Dans les dernières années de la IVe République, un « service de la radiodiffusion de la France d’outre-mer » fut créé afin d’organiser la radiodiffusion dans les territoires coloniaux de l’ancien « Empire français » devenu « Union française ». Les responsabilités pratiques furent confiées, en 1955, à la Société de radiodiffusion de la France d’outre-mer (SORAFOM). Les conseillers français et les futurs techniciens et animateurs purent ainsi se former dans un studio-école avant d’être affectés dans les divers territoires africains. Guy Robert, envoyé en mission dans plusieurs de ces pays, raconte comment il arriva dans des fiefs anciennement assurés dont les titulaires souhaitaient conserver leur position coloniale passée. Il parviendra toutefois à réaliser l’objectif de sa mission : donner la parole radiophonique aux gens du pays. Ce parcours et quelques autres, en particulier à Radio France Internationale en charge des émissions vers l’étranger, sont pour l’auteur l’occasion de nous livrer, dans le bonheur de l’écriture, quelques portraits des anciens coloniaux mais aussi des petits marquis qui occupent les allées du pouvoir depuis quatre décennies. Leur rhétorique brillante ne parvient pas toujours à dissimuler leur incompétence dans des domaines aussi spécialisés que la communication radiophonique. Jean-Jacques LEDOS
|