Une brève histoire de l’avenir (note de lecture parue dans Gavroche n° 152, octobre 2007) 
| de Jacques Attali Fayard, 20 €
| « La prévision est un art difficile, surtout lorsqu’il s’agit de dire l’avenir » a dit Alphonse Allais. Jacques Attali est un expert bien informé des affaires du monde. Il décrit d’abord, par extrapolation des tendances de l’actualité, un avenir possible mais inquiétant, dans lequel une pratique mondialisée de l’économie de marché serait la voie de la démocratie. C’est le discours habituel des défenseurs et des opérateurs bénéficiaires du néolibéralisme. On sait que le marché ne profite qu’aux plus puissants qui n’ont en aucun cas le souci de développer la démocratie génératrice d’équité et de considération des autres, surtout des exclus du festin.
Après avoir décrit les étapes des capitalismes à vocation impériale, Attali imagine des scénarios qui font froid dans le dos : concentration des pouvoirs par un petit nombre dont la puissance conduirait à la disparition des services publics, des systèmes de protection, conflits divers, conditionnements généralisés et surtout, surveillance constante des comportements individuels grâce à des systèmes électroniques miniaturisés. Pour le lecteur qui ne dépasserait pas la page 350, le tableau conduit au suicide. Contradictoire ou dialectique, Jacques Attali évoque toutefois les accidents de l’histoire qui remettent en cause la prévision, les réactions à la fois prévisibles par les causes, imprévisibles dans la chronologie, ou bien l’effondrement des empires dont on a appris qu’ils sont périssables. Un avenir radieux serait alors possible parce que les hommes seraient devenus raisonnables. Utopie ou science-fiction ? On sait que l’une et l’autre précèdent souvent l’événement. Jean-Jacques LEDOS |