Mineurs de charbon en Normandie
(note de lecture parue dans Gavroche n° 153, janvier 2008) « Un étrange mélange de passion et d’intérêts » constate l’auteur dans son avant-propos d’une histoire des mines de charbon de Littry dans le Calvados. Une histoire qui commence avec ce marquis de Balleroy qui trouve « une mine de charbon de terre » en cherchant du minerai de fer pour sa forge. On est en 1740. L’histoire sera mouvementée et longue puisque la mine, avec un dernier sursaut pendant la deuxième guerre mondiale, cesse toute exploitation en 1949.
Dès ses débuts, elle n’a pas d’avenir. Un mémoire de la chambre de commerce de Normandie est sans appel : « Le charbon de Littry est inférieur ». Constat repris par les artisans de la région qui protestent contre ce charbon chargé de terre qui tombe en poussière et lui préfèrent grandement le charbon anglais. Et pourtant, la mine survit en trouvant un marché local : le charbon est utilisé pour la cuisson de la pierre calcaire ainsi transformée en chaux afin d’amender les terres. Sous la Révolution, le charbon de Littry est réquisitionné par la République pour les besoins de la défense. Plus tard, ce sera le débouché providentiel des usines à gaz. Suivra la fabrication des briquettes permettant de valoriser les charbons de mauvaise qualité. Mais cette lutte pour la survie cesse en 1880, l’exploitation étant trop déficitaire. Le second conflit mondial voit une tentative de relance de l’exploitation non sans difficultés, et ce n’est qu’en 1945 que sort la première tonne de charbon. Ingénieurs et mineurs n’avaient pas fait de zèle pour fournir du charbon à l’occupant. Mais l’après-guerre, c’est aussi la concurrence du charbon américain en plus du charbon anglais, puis du charbon polonais… En décembre 1949 c’est la dernière Sainte-Barbe. |