La vie des forçats
(note de lecture parue dans Gavroche n° 153, janvier 2008) Condamné à la peine de mort le 27 février 1913 dans le cadre du procès des anarchistes survivants de la bande à Bonnot alors qu’il a été innocenté par Octave Garnier pour le hold-up de la rue Ordener, Dieudonné voit sa peine commuée en une condamnation aux travaux forcés à perpétuité. Arrivé en Guyane en janvier 1914, il y restera, malgré plusieurs tentatives d’évasion, jusqu’à sa grâce obtenue en 1927 à la suite de la campagne entamée quatre ans plus tôt par le journaliste Albert Londres pour dénoncer le caractère inhumain et barbare des bagnes de Guyane. Écrit en 1930, ce livre relate avec distance et objectivité cette expérience de quinze années dans les geôles de la IIIe République, posant en filigrane la question de la compatibilité entre un régime qui se veut démocratique et une réalité carcérale aux antipodes des valeurs qu’il revendique.
|