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Livres
Monsieur Pagnol et son clan (note de lecture parue dans Gavroche n° 147, juillet 2006) 
| de Régine Hernou Éditions ABM 63, rue du Cordeau 77390 Courtomer 25 euros
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| Un académicien peut être populaire. Un auteur populaire peut devenir un classique. Marcel Pagnol répond à ces trois critères. La France entière connaît ses succès au cinéma, la célèbre trilogie : Marius, Fanny, César, que la télévision ne cesse de rediffuser. On peut donc être populaire, de qualité et générer des profits. À l’école, les textes de Marcel Pagnol ont pris la place de ceux d’Anatole France. L’une de ses proches collaboratrices, script-girl comme on disait à l’époque, évoque des souvenirs de proximité avec le « Maître » qui n’en demandait pas tant. En ces temps-là, le marketing n’imposait pas aux producteurs de films ce que la publicité habitue le public à désirer. « Faire du cinéma », c’était une affaire de copains, voire de famille : les techniciens et surtout les acteurs. Derrière les gloires nationales que furent Fernandel et Raimu, Régine Hernou évoque ces seconds rôles dont on ne célèbre jamais suffisamment le talent : Rellys, Fernand Sardou et René Sarvil, vedettes de l’opérette marseillaise, Orane Demazis, Pierrette Bruno, Charpin, Blavette et, bien entendu, l’épouse du « Maître », Jacqueline Pagnol. Vincent Scotto, l’auteur de 4 000 chansons à succès de l’entre-deux guerres, était un ami de la famille. Tourner un film, c’était alors travailler avec un plaisir que les professionnels espéraient partager avec le public. L’avenir leur a donné raison. En racontant cet épisode de sa vie professionnelle, Régine Hernou nous fait entrer dans la famille avec une abondance d’anecdotes et de précisions sur l’œuvre de Marcel Pagnol. JJ. LEDOS |
Offensive n° 9 (note de lecture parue dans Gavroche n° 147, juillet 2006) Le neuvième numéro de la revue libertaire Offensive traite du thème « culture de classe ou (in)culture de masse ». Elle l’aborde par le biais de textes et de témoignages, en affirmant fortement la nécessité de cultures autonomes pour combattre la société capitaliste à l’exemple des Bourses du Travail de Fernand Pelloutier qui se donnaient pour objectif de faire la révolution par la grève générale. |
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La Hongrie libérée (note de lecture parue dans Gavroche n° 147, juillet 2006) Une sorte de destin obscur pèse sur les pays de l’Europe dite de l’Est : unifiés naguère sous l’égide du concept flou de totalitarisme, accédant ensemble au ciel clair du libéralisme, ils n’attirent au premier abord que les touristes âgés fatigués de bronzer aux Maldives ou de crapahuter en Himalaya, ou bien quelques nostalgiques de l’impératrice Sissi et de la mythique Autriche-Hongrie, l’empire de la Cacanie décrit par Musil. Ces peuples, au demeurant sympathiques, malgré leur langue étrange et leur exotisme désuet, sont en général les oubliés de l’histoire : pris dans les enjeux d’expansion et de conquête des grandes puissances depuis des siècles, ils sont à la périphérie des synthèses historiques, qui ignorent leur forte identité, leur littérature, comme les antagonismes sociaux violents qui les traversent et les luttes de leurs partis politiques et de leurs personnalités historiques. |
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Les entretiens de Nuremberg (note de lecture parue dans Gavroche n° 146, avril 2006) 
| de Léon N. Goldensohn Traduit de l’anglais par Pierre-Emmanuel Dauzat Introduction et notes de Robert Gellately Éditions Flammarion Paris, 2005 550 p., 25 euros
| Les douze procès menés par le Tribunal militaire international constitué par les Alliés pour juger les dirigeants nazis après la défaite de l’Allemagne se succédèrent d’octobre 1945 à avril 1949 au Palais de justice de Nuremberg. Le premier de ces procès fut intenté contre les vingt-quatre principaux dignitaires capturés ou supposés en vie à la fin de la guerre et contre huit organisations du régime hitlérien, pour conspiration criminelle, crimes contre la paix, crimes de guerre et crimes contre l’humanité. Il s’ouvrit le 20 novembre 1945 et se conclut le 1er octobre 1946 par douze condamnations à mort (Bormann – par contumace –, Frank, Frick, Göring, Jodl, Kaltenbrunner, Keitel, Ribbentrop, Rosenberg, Sauckel, Seyss-Inquart, Streicher), sept peines de prison (Dönitz, Funk, Hess, Neurath, Raeder, Schirach, Speer) et trois acquittements (Fritzsche, von Papen et Schacht). Outre Martin Bormann, deux accusés n’avaient pas comparu : Robert Ley (suicidé le 25 octobre 1945) et Gustav Krupp (cas disjoint pour raisons de santé). Le tribunal condamna la Gestapo, le NSDAP, les SS et le SD à titre collectif.
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