Mai 68, un mouvement politique
(note de lecture parue dans Gavroche n° 155, juillet 2008)  | de Jean-Pierre Duteuil Acratie, 2008, 250 p., 23 € |
À force de réduire Mai 68 à quelques slogans clinquants (« Il est interdit d’interdire ! ») et images chocs (émeute au Quartier latin), on en viendrait à oublier qu’il fut l’un des mouvements sociaux majeurs de notre histoire contemporaine, jetant dans la rue étudiants, jeunesse radicalisée, ouvriers et paysans. À force de le réduire à quelques personnalités médiatiques en vue, on en viendrait à croire que les soixante-huitards, passés la crise d’adolescence, ont tous rendu les armes de la critique pour s’adonner aux saines joies de l’intégration politique et sociale, devenant enfin ce pour quoi on les avait destinés : encadrer le salariat d’exécution, former ses rejetons.
|
|
Lire la suite...
|
Le mandat impératif
(note de lecture parue dans Gavroche n° 155, juillet 2008)  | de la Révolution française à la Commune de Paris de Pierre-Henri Zaidman Les éditions libertaires et les éditions du Monde Libertaire, 2008, 100 p., 12 € |
Le nom dit la chose et la chose doit bien être d’importance pour que son interdiction figure en bonne place dans le texte de la Constitution ! Derrière la question – essentielle – des rapports du peuple avec ses représentants, se joue celle – originelle – du sens de la démocratie ! Et, comme souvent, force est de constater que ces préliminaires se jouent à front renversé ! C’est ceci, d’abord que nous montre Pierre-Henri Zaidman dans son dernier ouvrage, Le mandat impératif de la Révolution française à la Commune de Paris.
|
|
Lire la suite...
|
Les Fêtes du Maréchal
(note de lecture parue dans Gavroche n° 155, juillet 2008)  | Propagande et imaginaire dans la France de Vichy de Rémi Dalisson Tallandier, 2008, 475 p., 32 € |
Les nuits de défilés aux flambeaux qui fascinèrent tant Robert Brasillach et que filma Leni Riefenstahl dans son Triomphe de la volonté ont profondément marqué les mémoires de ceux qui en furent les témoins, voire par la suite les simples spectateurs. Elles illustrent l’exploitation que les totalitarismes surent faire des rassemblements festifs, ritualisés à l’excès et au sein desquels l’individu se dilue dans la masse. Si l’on connaît assez bien en la matière les archives du IIIe Reich et de l’Italie mussolinienne, on découvrira par contre avec intérêt, et grâce à Rémi Dalisson, les implications multiples et l’imprégnation profonde que le concept de « fête » recouvrit dans la France de Vichy.
|
|
Lire la suite...
|
Journal du siège de Paris
(note de lecture parue dans Gavroche n° 155, juillet 2008)  | de Jacques-Henry Paradis Texto, 2008, 390 p., 10 € |
En histoire, les témoignages représentent souvent une transcription émouvante des événements historiques. Avec la réédition du Journal du siège de Paris, dont la précédente publication date de… 1872, les éditions Tallandier offrent au lecteur curieux une passionnante matière. L’auteur, Jacques-Henry Paradis, probablement agent de change, donne une relation quasi quotidienne de ce siège terrible qui se déroule de septembre 1870 au mois de janvier 1871. L’intérêt de l’ouvrage est multiple. Il représente une source inestimable à propos de la vie quotidienne dans un Paris entouré de soldats prussiens. |
|
Lire la suite...
|
Le Curé Meslier
(note de lecture parue dans Gavroche n° 155, juillet 2008)
Athée, communiste et révolutionnaire sous Louis XIV de Maurice Dommanget CODA, 2008, 420 p., 39 € |
En rééditant le livre publié en 1965 que Maurice Dommanget consacra au curé Meslier, les éditions Coda nous font une bien belle surprise. Mais disons-le tout de suite, cette heureuse initiative est gâchée par le prix. Il est largement dissuasif et laisse perplexe. Cette publication aurait sans doute mérité de figurer dans leur collection de poche, comme c’est le cas pour les textes de D’Holbach. À cette réserve près, une fois la colère calmée, il y a de quoi s’émerveiller à sa lecture. Michel Onfray avait, en 2005, remis au goût du jour et attiré l’attention du lecteur sur ce curieux personnage, curé le jour et écrivain révolutionnaire la nuit. |
|
Lire la suite...
|
La Résistance communiste allemande (1933-1945)
(note de lecture parue dans Gavroche n° 155, juillet 2008)  | de T. Derbent Aden, 2008, 115 p., 10 € |
Tous les aficionados de l’histoire des mouvements ouvriers sauront gré à T. Derbent (à qui l’on doit déjà de très bons ouvrages sur Clausewitz, publiés aussi chez Aden) de sortir de l’oubli les communistes allemands qui résistèrent au IIIe Reich. Son livre offre en peu de pages une dose d’informations concrètes, ainsi que quelques iconographies et une bibliographie sur les principales organisations clandestines que le géant KPD laisse derrière lui après son interdiction. |
|
Lire la suite...
|
Soixante ans après, retour sur la création d’Israël
(note de lecture parue dans Gavroche n° 155, juillet 2008) 

| Le nettoyage ethnique de la Palestine d’Ilan Pappé Fayard, 2008, 396 p., 22 €
Le mur de fer d’Avi Shlaïm Buchet-Chastel, 2008, 759 p., 29 €
Israël confronté à son passé de Sébastien Boussois L’Harmattan, 2007, 385 p., 34 €
Comment Israël expulsa les Palestiniens (1947-1949) de Dominique Vidal L’atelier, 2007, 256 p., 21 € |
En marge du Salon du Livre, La Fabrique et quatre autres éditeurs ont présenté les traductions françaises de livres importants de « nouveaux historiens » israéliens et organisé avec eux, le 18 mars 2008, un débat sur « Israël face à son passé ».
Le 29 novembre 1947, l’Assemblée générale des Nations unies décide le partage de la Palestine en un État juif, un État arabe et une zone internationale pour Jérusalem. Le 14 mai 1948, Israël proclame son indépendance, et le lendemain, les armées arabes entrent en Palestine. Après le dernier armistice, le 20 juillet 1949, l’État juif a augmenté d’un tiers son territoire, que les quatre cinquièmes de ses habitants ont quitté. L’État arabe, lui, est mort-né, divisé entre Israël, la Jordanie et l’Égypte.
|
|
Lire la suite...
|
Une guerre dans la tête
(note de lecture parue dans Gavroche n° 155, juillet 2008)  | Doug Peacock Gallmeister, 2008, 256 p., 22,70 € |
Né en 1942 dans le Michigan, Doug Peacock a porté l’uniforme des Bérets verts durant la guerre du Vietnam, avant de revenir aux États-Unis, hanté par les horreurs qu’il avait vécues. Il se reconstruisit peu à peu dans la solitude des déserts de l’Ouest et en observant les derniers grizzlys.
|
|
Lire la suite...
|
Daumier, l’art et la République
(note de lecture parue dans Gavroche n° 155, juillet 2008)  | de Michel Melot Les Belles lettres/Archimbaud, 2008, 277 p., 23 € |
Les amateurs de biographies chronologiques riches en anecdotes en seront pour leurs frais avec ce passionnant ouvrage de Michel Melot. Le spécialiste de l’image livre ici un véritable essai sur la réception de l’œuvre de Daumier de son vivant, à son décès et après sa mort. Il faudrait plutôt parler des Daumier, car chaque historien d’art, chaque amateur, chaque écrivain, chaque journaliste depuis Baudelaire s’est intéressé à un Daumier particulier, en fonction de ses aspirations sociales, de sa sensibilité politique.
|
|
Lire la suite...
|
« Je suis simplement ce que je suis »
(note de lecture parue dans Gavroche n° 155, juillet 2008)  | d'Henry David Thoreau Finitude, 2007, 224 p., 17 € |
Dans une élégante et savante édition, Thierry Gillybœuf, qui a déjà traduit plusieurs livres d’Henry D. Thoreau (1817-1862) pour la collection Mille et une nuits, présente un ensemble de cinquante lettres de l’auteur de La désobéissance civile à son ami Harrison Blake entre 1848 et 1861. Ce dernier, avide de conseils, lui donne l’occasion de s’exprimer, lettre après lettre, sur ses thèmes de prédilection et les idées qui sous-tendent sa philosophie, depuis la nécessité d’une vie en harmonie avec la nature à celle de la défense de la liberté et à l’obligation de résister à une autorité injuste ou illégitime. Jouant le rôle d’un maître spirituel pour son ami, il y présente sa conception du monde avec clarté, abordant aussi des thèmes inhabituels dans son œuvre, comme l’amour et la sensualité, et toujours avec le style d’un grand écrivain. Qu’on en juge dans cet extrait : « Plus que jamais, je trouve qu’il n’y a rien à gagner à entretenir un commerce régulier avec les hommes. Cela revient à semer le vent, sans même récolter la tempête, rien qu’un calme et qu’une inertie dépourvus d’intérêt. Nos conversations ne sont qu’interminables spéculations creuses et polies. […] Tout cela serait plus respectable si […] les hommes étaient des Géants du Désespoir, et non des Pygmées désespérés. » |
|
|