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L’âge d’or de la télévision

(note de lecture parue dans Gavroche n° 153, janvier 2008)

1945-1975
de Jean-Jacques Ledos,
L’Harmattan, 2007,
288 p., 24 €



Il y a des années que Jean-Jacques Ledos collabore à notre revue dans le cadre de l’information, notamment en matière de radio-télévision. Nous savons ainsi sa parfaite connaissance en ce domaine et connaissions son souhait d’écrire une histoire de la télévision, en particulier des débuts du service public en 1945 au néolibéralisme en 1975.
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La vie des forçats

(note de lecture parue dans Gavroche n° 153, janvier 2008)

d’Eugène Dieudonné,
Libertalia,
2007, 210 p., 10 €



Condamné à la peine de mort le 27 février 1913 dans le cadre du procès des anarchistes survivants de la bande à Bonnot alors qu’il a été innocenté par Octave Garnier pour le hold-up de la rue Ordener, Dieudonné voit sa peine commuée en une condamnation aux travaux forcés à perpétuité. Arrivé en Guyane en janvier 1914, il y restera, malgré plusieurs tentatives d’évasion, jusqu’à sa grâce obtenue en 1927 à la suite de la campagne entamée quatre ans plus tôt par le journaliste Albert Londres pour dénoncer le caractère inhumain et barbare des bagnes de Guyane. Écrit en 1930, ce livre relate avec distance et objectivité cette expérience de quinze années dans les geôles de la IIIe République, posant en filigrane la question de la compatibilité entre un régime qui se veut démocratique et une réalité carcérale aux antipodes des valeurs qu’il revendique.
 

Mineurs de charbon en Normandie

(note de lecture parue dans Gavroche n° 153, janvier 2008)

de Pierre Coftier,
Éditions Cahiers du Temps,
208 p., 25 €



« Un étrange mélange de passion et d’intérêts » constate l’auteur dans son avant-propos d’une histoire des mines de charbon de Littry dans le Calvados. Une histoire qui commence avec ce marquis de Balleroy qui trouve « une mine de charbon de terre » en cherchant du minerai de fer pour sa forge. On est en 1740. L’histoire sera mouvementée et longue puisque la mine, avec un dernier sursaut pendant la deuxième guerre mondiale, cesse toute exploitation en 1949.
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De mémoire

(note de lecture parue dans Gavroche n° 152, octobre 2007)

Les jours du début : un automne 1970 à Toulouse
de Jann-Marc Rouillan,
Marseille, Agone, coll. « Mémoires sociales »,
206 p., 14 €



« Je me lance dans ce texte sans plan établi. Je me jette à l’eau, je nage dans un océan d’amitié, de camaraderie, de passion et de vie… de mort aussi. »
Le premier opus des souvenirs de Jann-Marc Rouillan emporte nos renoncements dans le tourbillon – révolution, castagne et rock – des années 70. Adolescent de dix-huit ans enragé d’émancipation, non sevré des rêves du printemps 68, l’auteur largue les amarres familiales. En compagnie d’Henri l’ouvrier et d’Enric, le fils de réfugiés républicains, il s’installe en périphérie toulousaine. Devenu galion pirate, le pavillon abrite l’activisme permanent de ces « jours du début ». Les insurgés, Mario le lycéen, Cricri ou le Grand blond abandonnent à peine l’enfance. Sur la table de la cuisine, les tartines du goûter voisinent encore avec les cocktails Molotov.
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La bible-express illustrée

(note de lecture parue dans Gavroche n° 152, octobre 2007)

présentée par Jacqueline Lalouette, Éd. La Martinière,
180 p., 29 €

Jacqueline Lalouette nous livre là un travail particulièrement savant en publiant aux éditions La Martinière plus de cent ans après sa création le manuscrit en fac-similé d’une bible satirique jusque-là inédite.
Le pari de cette publication n’était pas aisé à relever, pour plusieurs raisons. D’abord, le dessinateur de cette bible, « Gabby », est un parfait inconnu. Le nom apparaît plutôt comme un pseudonyme, voire un diminutif de Gabriel (l’ange Gabriel ?). En outre, en parcourant cette bible parodique, il faut se faire à l’évidence : ce dessinateur, même s’il livre un ouvrage complet, n’a pas les qualités d’un dessinateur professionnel. Il ne maîtrise pas la perspective, ne donne quasiment jamais d’indications de décors, dessine de manière malhabile, recourt souvent à la copie en décalquant des vignettes ou des illustrations de l’époque. Son style varie d’un dessin à l’autre, et l’artiste utilise assez peu le jeu des déformations, expressions faciales ou des postures pourtant propres à exciter le rire.
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L'œil de la police

(note de lecture parue dans Gavroche n° 152, octobre 2007)

Crimes et châtiments à la Belle Époque
de Michel Dixmier et Véronique Willemin
Éditions Alternatives,
2007, 143 p., 29 €



La presse du fait divers trouve son origine lointaine dans les canards, feuilles volantes imprimées diffusées à partir du XVe siècle et relatant divers « faits » sous des formes plus ou moins fantasmagoriques. Avec le développement des moyens d’illustration de moins en moins coûteux, la narration des événements s’appuie de plus en plus sur l’image, dans une puissante quête de théâtralisation dramatique. La fin du XIXe siècle, passée maîtresse dans ce type de mises en scène avec une presse illustrée populaire au succès grandissant, bénéficie d’un siècle d’expérimentation en matière de représentation du drame. Pensons aux effroyables scènes que la peinture d’histoire jette à la face de l’amateur des Salons. Pensons aux crises sociales et politiques que le grand Art comme la lithographie républicaine diffusent grâce à des talents prestigieux : Géricault et son puissant Radeau de la Méduse (1819), où le cadavre glace d’effroi, Delacroix avec la Mort de Sardanapale (1827) ou la Liberté guidant le peuple (1830) dans lesquels la tragédie prédomine ; Daumier avec la Rue Transnonain (1834) qui a marqué toute une génération.
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Maintenant il faut des armes

(note de lecture parue dans Gavroche n° 152, octobre 2007)

d’Auguste Blanqui
(textes choisis et présentés par Dominique Le Nuz),
La fabrique éditions,
2006, 428 p., 22 €


Dans l’enquête sur la mort de Charles Foster Kane dans le film éponyme d’Orson Wells (1941), chaque témoin évoque un aspect différent du personnage disparu, à tel point que, plus l’enquête avance, plus le spectateur a du mal à cerner quelle était la véritable personnalité du défunt… Les commentaires sur Auguste Blanqui (1805-1881) n’échappent pas à ce kaléidoscope d’impressions contradictoires qui touchent les hommes publics les plus controversés. Ainsi, l’un de ses plus célèbres contemporains, Alexis de Tocqueville, ne pouvait évoquer son souvenir sans mentionner le « dégoût » et l’« horreur » que lui inspirait un homme qui « semblait avoir vécu dans un égout » : jugement logique, sinon équitable, d’un partisan du maintien de l’ordre établi, fut-il « éclairé », contre un partisan acharné de la révolution sociale. Les épigones de Blanqui ont ensuite transformé sa pensée en une doctrine, le blanquisme, dont on s’accorde à considérer qu’elle constitue « le lien nécessaire entre la première pensée socialiste française et le marxisme » et en fait une variante de la social-démocratie et du léninisme avant la lettre.
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Louise Michel en Algérie

(note de lecture parue dans Gavroche n° 152, octobre 2007)

La tournée de conférences de Louise Michel et Ernest Girault en Algérie (octobre-décembre 1904)
de Clotilde Chauvin
Éditions Libertaires
162 p., 15 €


Le 9 octobre 1905, Louise Michel et Ernest Girault – auteur d’Une colonie d’enfer – quittent le port de Marseille pour l’Algérie où ils doivent effectuer une série de conférences. Les villes d’Alger, de Tizi-Ouzou, de Sétif, de Constantine, de Blida, de Mostaganem et d’ailleurs, seront autant d’étapes où les propagandistes aborderont des thèmes aussi percutants que l’antimilitarisme, l’athéisme, l’anticolonialisme et bien sûr l’anarchisme.
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B. Traven

(note de lecture parue dans Gavroche n° 152, octobre 2007)

B. Traven,
Portrait d’un anonyme célèbre
de Golo
Éditions Futuropolis,
2007, 19 €

À la recherche de B. Traven
de Jonah Raskin
Éditions Les Fondeurs de briques,
2007, 320 p., 23 €


Si son œuvre littéraire n’est plus à présenter (rééditée pour partie aux Éditions de la Découverte), la vie de l’auteur, B. Traven, est en elle-même romanesque. Il créa et entretint le mystère de sa biographie en empruntant diverses identités, telles que, par exemple, Torsvan ou Hal Croves. Ce n’est qu’après sa mort en 1969, au Mexique, que son épouse et collaboratrice, Rosa Elena Luján, révèle enfin que B. Traven était bien Ret Marut, le militant révolutionnaire qui participa à la République des conseils de Bavière. L’homme, sa vie, ses identités, son engagement au côté des Indiens du Chiapas, toutes ces facettes devinrent une légende, qui, comme toutes les légendes, mêlait le vrai et le faux, brouillant les pistes dans une inextricable narration à laquelle chacun rajoutait une part de mystère.
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Cahiers Henry Poulaille n° 10

(note de lecture parue dans Gavroche n° 152, octobre 2007)

Correspondance 1925-1947
Éditions Plein Chant
199 p., 20 €


Les Cahiers Henry Poulaille, produits par une de ces associations qui, vaille que vaille, accomplissent un travail salutaire, et les éditions Plein Chant, publient la correspondance entre Émile Guillaumin et Henry Poulaille. Elle couvre la période allant de 1925 à 1947. L’écrivain ouvrier et l’écrivain paysan, le rat des villes et le rat des champs, tous deux en prise directe avec le social, nous ouvrent ainsi les coulisses d’une intense activité éditoriale et d’une amitié émouvante. Voici des écrivains libres, comme le rappelle la présentation (1933) de la revue Prolétariat, non professionnels des lettres, qui n’ambitionnent que de servir une cause, celle de l’expression authentiquement prolétarienne.
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